Album "VOLEUR DE FEMMES"




Steelcox




 








L'histoire des chansons de Steelcox - Interview


Comment écrivez-vous vos chansons ?

Ecrire une chanson, c'est facile ou difficile, je l'ignore ! Je ne sais comment font les autres, mais pour moi c'est tout une aventure passionnée qui demande un total investissement de soi-même, vous allez voir !

La question que l'on me pose fréquemment c'est : " Vous faîtes d'abord la musique ou les paroles ? " Pour moi, il n'y a pas de règle. L'idée est prioritaire.
Qu'elle soit musicale ou qu'elle soit une idée de texte.
Je suis parfois occupé à tout autre chose quand l'idée parait. Lorsqu'une idée précise vient et revient puis disparaît et revient encore, c'est alors que je sais que l'idée est sûrement bonne. Parfois, l'idée me réveille la nuit et peu importe l'heure, il faut commencer à écrire. Aussi je dors très souvent avec près de mon lit un stylo et un bloc-notes. Dans ces moments-là, je sais que la machine s'est mise en route et qu'il est nécessaire que mon esprit soit disponible. Je dois tout mettre en ordre chez moi et alors je peux me détendre et laisser se construire ma chanson dans ma tête. Après il me suffit de mettre au propre et de concevoir l'orchestration.

Comment vous sont venues les chansons du CD "Voleur de Femmes" ?

Lorsque j'essaie d'analyser après coup comment me vient une chanson, je m'aperçois souvent que l'idée initiale a plusieurs origines. C'est très souvent un ensemble de choses, de sentiments, de situation, de souvenirs de personnes rencontrées ou d'expériences vécues qui m'ont touché et qui se sont assemblées pour rejaillir au service d'un thème ou d'une musique. Des spécialistes de l'analyse y verraient plus clair mais, à mon modeste niveau, cette réponse un peu simpliste me satisfait !

Pour "Voleur de Femmes", l'origine de cette chanson provient certainement au départ d'un sentiment évident de jalousie amoureuse que j'ai dû souhaiter exorciser. Le décor western est dû à un goût personnel pour l'histoire de l'Ouest américain souvent retracée dans les meilleurs films de mon enfance. Mon entourage y est aussi pour beaucoup. Plusieurs de mes amis et amis musiciens ont été aussi des adeptes des bottes de cuir, des jeans et des chapeaux de cow-boy. Un grand nombre d'entre eux sont aussi des fans incontestés de la Country Music.

Quant à "La Radio Allumée", qui s'appelle à l'origine "Je vais m'endormir la radio allumée", une rupture sentimentale apporte généralement une solitude devenue inhabituelle. On éprouve alors le besoin de se réfugier dans un endroit plus calme pour prendre du recul et réfléchir. La route à mon avis symbolise le mouvement, le changement que l'on entreprend de sa propre initiative par réaction à sa propre douleur. La radio allumée elle c'est le cordon qui nous relie à distance avec le monde extérieur. J'avoue avoir une sympathie particulière pour les hôtels. Ces lieux sont pour moi comme des parenthèses à ma vie pendant lesquelles, à l'abri de tout, je fais le point et réfléchis pour repartir ...

Pour "Les lumières du Highway", lorsque j'ai eu l'idée de cette chanson, j'ai eu envie de prendre le contrepied des séries policières qui remplissent les programmes télé. J'ai voulu montrer qu'un flic peut aussi être un individu lambda qui fait le boulot de policier sans passion et qui peut très bien avoir envie d'arrêter ce travail pour une vie plus calme. Je pense que la réelle profession de flic n'a rien à voir avec la vie des héros de films. Cette histoire possède une part de vécu puisque un de mes amis qui a été flic lui-même, m'a emmené un soir en patrouille dans sa voiture de police avec son co-équipier ! Pendant quelques heures, j'ai pu ainsi tester l'ambiance en situation réelle !

Comme nous tous, j'ai vu autour de moi des couples se former, des amis se marier, mais aussi des couples se défaire, c'est ce qui m'a inspiré "Elle Repense à la West-Coast". Cette chanson sur la séparation cherche à démontrer que des projets communs pour lesquels on s'est investi totalement peuvent être démolis par la vie elle-même qui les avait fait naître, et malgré notre propre engagement. Peut-être parce qu'on n'a pas suffisamment pris le temps de bien comprendre l'autre ou de se connaître soi-même. Il reste alors forcément une amertume et des regrets qui font qu'on y repense trop souvent.

"Le temps n'efface pas tout". La saison que je préfère est sans hésiter le printemps qui annonce les beaux jours à venir. Pour cette chanson, je me souviens, c'était un soir de mars vers 20 heures, alors que le soleil inondait encore le salon, que l'idée de cette chanson s'est imposée à moi. Avec elle la vision d'une route sur laquelle une bande de copains, les uns en voiture, les autres en moto, se rendaient à un fantastique concert de rock. C'est donc ce déplacement qui explique le rythme "Train beat" de ce titre. A cette image se mêlait ce sentiment enthousiaste qui nous pousse à profiter de la vie pour mieux lutter ... contre le temps !

"Je traverse l'Arizona" m'a été inspirée par ces camions américains chromés, ces "trucks" impressionnants qui parcourent les routes des States et que l'on voit dans certains films. La vie de ces routiers m'a intéressé et j'ai parcouru plusieurs articles à ce sujet. Peut-être parce qu'elle ressemble à celle des chanteurs sur les routes lorsqu'ils sont en tournée. C'est toujours ce besoin et cette envie d'espace qui se manifestent mais ici avec un clin d'oeil à ceux qui paient de cette façon le prix de leur liberté.

Avec "Lunettes noires" nous voici à fond dans le romantisme, dans la chanson sentimentale de l'été. Et oui il en faut non ? Qui n'a pas ressenti ce sentiment curieux que provoquent les lunettes noires ? Moi, je ressens chaque fois un sentiment d'éloignement et d'isolement de la part de la personne qui les porte ! Pas vous ?

Steelcox

 


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